mardi 21 mars 2017

Chapitre trois: les actes

La suite et la fin du livre deux de Patanjali, toujours en vers, à propos des actes.


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3.22

Rester concentré, sans bouger, placer ses sens
Entièrement tournés vers le dedans de vous
Et le septième enfin, le samadhi , l'essence,
Où vous êtes arrivé, présent au rendez-vous.

3.23

La non-violence et puis la véracité, comme
L’intégrité et le désintéressement,
La tempérance pour les bêtes et les hommes,
Sont des obligations à suivre absolument.

3.24

Ces règles de vie, vous devez les observer
Sans conditions de lieu, ni de niveau social,
Que l'on vous serve ou que ce soi vous qui serviez.
Pour les enfants de Dieu c'est un devoir filial.

3.25

Il y a les devoirs vis-à-vis de vous-même,
Comme la pureté, et le contentement,
Et puis l'honnêteté, manière d'emblème,
La sérénité et l'ardeur également.

3.26

Il y a encore la foi éclairée ainsi
Que la dévotion et la détermination,
La propreté et la sobriété aussi,
La Connaissance vraie et la dédication.

3.27

Si vous ne pouvez pas sortir de vos concepts
Cherchez à vous tourner ailleurs, vers le contraire.
Celui qui veut la paix les refuse et accepte
De rester dans l'instant sans se laisser distraire.

3.28

Les actes entravant la paix et la liberté,
Mensonge et violence, peuvent être volontaires
Ou non, motivés par la colère, la fierté,
l'intérêt personnel d'un esprit terre à terre.

3.29

Ces actes, graves ou pas, conduisent sans faillir
A la souffrance de la conscience perdue,
A l'ignorance, alors pour ne pas défaillir
Tournez-vous au dedans, chaque jour assidu.

3.30

La source des actes de celui qui est dans
La Vérité est la Vérité et pour lui
La présence de L'Un est en tout évident,
Dans ce qui est éteint comme dans ce qui luit.

3.31

Pour celui qui n'a plus besoin de posséder,
Le joyau est présent pleinement, comme pour
Le vertueux, ainsi par Son Amour obsédé,
Avec ténacité il reste en ce séjour.

3.32

Quand le détachement est en l'homme installé
Vient la compréhension de la raison première
Du joug de cette vie où il est attelé,
Il reste alors assis contemplant la lumière.

3.33

La pureté du corps, de l'esprit développe
Chez l'assidu yogi le vrai détachement.
Du corps des autres et du sien, physique enveloppe,
Ne viennent ni désirs ni même sentiments.

3.34

Quand le corps est propre, son esprit purifié,
Les sens contrôlés, vient une conscience
Joyeuse, utile pour une vue clarifiée,
Une vie dans la paix et dans la confiance.

3.35

La vrai satisfaction est l'accomplissement
Vous savez maintenant le seul enseignement,
En toute vérité, qui vaut d'être suivi.

3.36

En se disciplinant les impuretés sont
Écartées, et le corps, ses sens, fonctionnent
Parfaitement, alors apprenez la leçon
Avant que l'heure du grand rendez-vous ne sonne.

3.37

La communion avec Le Dieu que vous aimez
Se fait à force de vous rendre à l'intérieur,
Et vous serez libre en y restant enfermé,
Car cet intérieur là ouvre sur l'extérieur.

3.38

La dévotion à Dieu peut seule vous conduire
A l'extase parfaite, dans la conscience de
La béatitude. Vous pouvez vous réjouir,
Le jour viendra où vous cesserez d'être deux.

3.39

En méditation la position doit être
Tenue facilement et agréablement.
Quand vous ne bougez pas même d'un millimètre
Vous connaissez enfin le vrai contentement.

3.40

Cette maîtrise fait que vous êtes libre,
Que vous ne subissez plus la dualité,
Bien installé dans un parfait équilibre
En toute conscience de la réalité.

3.41

Alors votre souffle semble venir du ciel,
Votre respiration devient lente et subtile
Semblant commencer et se terminer hors d'elle.
Vous baignez en elle restant bien immobile.

3.42

Et quatrièmement la notion de souffle
disparaît alors est retiré le voile
Cachant la vérité, tout ce qui camoufle
La Lumière et vient le bonheur dans l'exhale.

3.43

Votre mental peut enfin se concentrer
Vous ne percevez plus la dualité, uni
A l'essence de tout votre conscience entrée
En béatitude se fond dans l'harmonie.

3.44

Les sens n'ont plus la main sur votre conscience
Vous les maîtrisez et pouvez les retourner
Vers le milieu alors disparaît la nescience,
Arrivé enfin vous pouvez vous prosterner.