mardi 21 mars 2017

Chapitre un: le grand secret

Ce chapitre premier parle d'un grand secret. Ses 26 quatrains, en alexandrin, ont été inspirés par la Lumière-intérieure et ''couchés-sur-le-papier'' en quelques heures, d'une traite. 

yogasûtra in english




1.1

Pour ceux qui aujourd'hui cherchent le Grand-Secret,
Vient la Révélation comme depuis toujours,
Lumière de nuit et de ce qui se crée,
Cause de tout départ et de notre séjour.

1.2

Mais pour voir le Secret il te faudra la nuit
Et pour l'entendre aussi il te faut le silence.
Oublie ce que tu sais toi que l'on a instruit,
Garde ton œil ouvert et puis ta vigilance.

1.3

Seulement qui saura éteindre la lampe,
Faire taire le bruit, verra et entendra.
Pour aller au secret baisse toi et rampe,
Demande du secours alors on t'entendra.

1.4

Le grand Secret ne peut se refuser à ceux
Qui s'offrent pour l'avoir et qui l'ayant se taisent.
Il n'y a pas d'heureux et pas de malchanceux,
Mais des fous de savoir et d'autres d'hypothèses.

1.5

Le Secret on ne peut le prendre par soi même;
Il s'offre évident quand on ne sait plus rien.
Alors cesse la mort car alors elle amène
Où se finit la boue, au Royaume aérien.
1.6

Ce jour l'or pâlira le diamant s'éteindra,
Vil métal et charbon sans aucune valeur,
Pourtant par le secret riche tu deviendra,
Mais de la Vérité et oubliera les leurres.

1.7

Aucun mur ne pourra emprisonner celui
Qui connaît le Secret et n'en peux plus sortir.
Le temps s'évanouit la souffrance s'enfuit,
Quand on peut voir enfin la recherche aboutir.

1.8

Le petit deviendra plus puissant que le roi,
Mais n'agira sur rien n'affaiblira personne.
L'ignorant en saura plus que le rose-croix.
Il ira plus profond que les loges maçonnes.

1.9

Il pourra découvrir du Secret les pouvoirs
Mais pour lui les verra comme autant de barrières.
Il aimera chacun en lui il pourra voir
Que se cache la vie sous la face guerrière.

1.10

Il lui faudra garder en main le fil d'Ariane,
Ne jamais l'oublier pour rester en chemin,
Sur cette Voie tracée cette ligne médiane
Que laissent deviner tant de vains parchemins.

1.11

Ces livres qui voudraient nous parler de ce mystère
Laissent obscure la Voie et coupent le fil d'or.
Certains en parlent encore mais ils devraient se taire.
L'âme doit s'éveiller quand l'illusion l'endort.

1.12

Aucune théorie ne pourra soulever
Le voile enténébré qui cache le mystère.
Même ces quelques vers ne peuvent enlever
L'ignorance de nous, plus lourde que la Terre.

1.13

Pourtant chez un enfant la magie de la Grâce
Fera taire rumeurs et cris pour que venue
Du plus profond de lui la Musique l'embrasse
Et que la Lumière l'emporte jusqu'aux nues.

1.14

On dit que les premiers deviendront les derniers,
Mais d'être le dernier ne vous suffira plus
Pour éviter la mort et son vaste carnier.
Vous attendez la pluie alors qu'il a tant plu !

1.15

Oui même l'innocent n'aura pas de pardon.
L'inconscience aujourd'hui fait plus de mal encore,
Parce qu'en chaque instant est contenu le don
Que vous cherchez partout mais pas en votre corps.

1.16

En Vérité voyez en refermant vos yeux.
Taisez vous écoutez la leçon du silence.
En vos souffles exhalés un pouvoir prodigieux
Vous parle du Secret sans cesse vous relance.

1.17

Vous vous installez tous dans vos appartements
Comme si à jamais vous deviez y rester!
Pourtant à votre mort croyez moi on vous ment
Cette propriété vous sera contestée.

1.18

Vous mettez vos espoirs en ces choses éphémères
Et cachés attendez le jugement dernier.
Mais quand la fin survient elle a un goût amère
Si vous ne voyez pas plus loin que le charnier.

1.19

Quand vous ne voyez pas l'essentiel sur les murs
Sales de votre cité vous en niez l'existence.
Bien sûr les cris grossiers étouffent le murmure
Et pour vous l'apparent a plus de consistance !

1.20

Pourtant ce qui paraît un beau jour disparaît,
Mais au delà du temps il est une force
Sans forme et contenue en toutes les formes
Dedans le bois parfait comme dans l'écorce.

1.21

La nuit après le jour le jour après la nuit,
L'hiver après l'été l'été après l'hiver,
L'ennui après la joie la joie après l'ennui,
Vient la résurrection après un long calvaire.

1.22

Lumière et puis noir, Dieu est, le diable aussi.
Il a tant de pouvoirs mais pourtant il n'est rien;
L'absence du Divin, les ténèbres et voici,
L'étincelle venue, disparu il n'est rien !

1.23

Les ténèbres ne sont qu'absence de Lumière.
Ils nous perdent pourtant par eux on oublie tout.
Pourquoi notre venue cette cause première?
Quand on ne voit pas Dieu on crée un manitou.

1.24

On crée un Jéhovah et des livres sur lui,
Avec ces tabous pour nous enfermer l'âme,
Et ces grands temples froids pour sombres jours de pluie
Où le manque de Dieu nous fait comme une lame.

1.25

Dans la fumée d'encens, aux sons des liturgies,
On veux contacter l'Un et quand on ralenti
La pensée par ces jeux s'éveille ce qui gît,
Et le feux de l'autel s'éteint en sacristie.


1.26

Mais tant que nous vivons tant que bat notre cœur,
Chaque instant est précieux saint Graal à découvrir,
Autant en sacristie qu'au beau milieu du chœur.
La perle du moment vient à qui sait s'ouvrir.






Chapitre Un: un sanctuaire secret


Ces 54 quatrains parlent d'un sanctuaire secret au centre de nous, cet état de conscience profonde où est la porte du Royaume dont le Christ parlait.


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1.27

Un sanctuaire secret au milieu du temple,
Garde enfoui un feu blanc qui brûle jusqu'au ciel.
Il arrache à la mort ceux qui le contemplent,
Offrant aux cœurs transis sa chaleur essentielle.

1.28

Par lui on comprend tout les subtiles arcanes,
Sans rite ni magie par son seul pouvoir.
A l'aveugle ce feu lui fait jeter sa cane,
Car malgré ses yeux froids à nouveau il peut voir.

1.29

Il faut sept degrés pour en franchir le pas,
Mais vous commencerez par celui le plus haut
Et la porte franchie au chœur on n'entre pas
Sans offrir sa vie gratis pro déo.

1.30

Mais d'où vient notre vie ? Et où nous conduit-elle ?
Est-elle le résultat de forces imbéciles
Surprises à délirer ? Miracle accidentel
Qui vient à l'être humain après l'humble bacille.

1.31

Voyez la vérité plus simple et si parfaite:
Il y a Dieu partout et son temple est en nous.
Lorsqu'on l'a rencontré la vie nous devient fête
Et relevés enfin nous tombons à genoux !

1.32

Le seigneur n'a jamais fait la vie car alors
Qui créa le seigneur ? La vie ne créa pas
Dieu l'un et l'autre sont pareils je vous implore
De comprendre cela avant votre trépas.

1.33

Car alors vous saurez dès lors que vous vivez,
Qu'on trouve le Seigneur où se trouve la vie.
En partant du bon point vous pourrez arriver,
Car pour trouver le chœur il faut voir le parvis.

1.34

La vie est dans la fleur elle est sur votre nez,
Mais bien plus proche encore ! Souvenez-vous des mots,
Qu’en son temps dit Jésus qu'il nous a asséné
Et que l'on comprenait aux âges baptismaux.
1.35

On ne peux pas dire le Saint-Nom du Seigneur,
Il se dit lui-même, notre vie tient par lui.
Mais il nous faut cesser de croire au guerroyeur,
D'écouter le boucan qu'il fait quand il détruit.

1.36

Le chant de Vérité compose le fil d'or.
Trouvez-le tenez-le restez sur le chemin.
Vous serez éveillés dans un monde qui dort
Et du Seigneur enfin vous garderez la main.

1.37

Il ne refuse pas à ceux qui s'abandonnent,
Le secours de son Nom et sa consolation.
Si vous le connaissez sans arrêt il vous donne
L'oubli des vanités de leur désolation.

1.38

L'écrire on ne le peut le Nom du Créateur,
Grand comme l'infini plus petit que l'atome.
Aucun script dévot aucun blasphémateur
Ne le rencontrera dans les versets des psaumes.

1.39

Son divin lumineux Musique de la vie,
Sans lui rien ne tiendrait ni le ciel ni la terre.
Le désir le plus grand la soif il assouvit
Chez l'ermite dévot chez la femme adultère.

1.40

Jamais Il ne punit jamais ne récompense.
Si vous êtes avec Lui hors du karma restez.
Mais si vous l'oubliez vous saurez l'influence
De cette inconscience qu'il faut s'en acquitter.

1.41

Nous ne pouvons pas voir l'air que nous respirons,
« Normal pour un gaz » et nous avons tout dit.
Qu'il nous manque pourtant et le corps se corrompt.
Son Essence trouvée nous mène au samadhi.

1.42

Par la vision de chaire on ne verra pas Dieu.
Il existe pourtant retournez le regard.
Vous oubliez l’ego il crie se fait odieux,
Mais soyez-en certains dans la paix il s'égare.

1.43

Assaillis de désirs nous allons dans le monde.
Voulant les assouvir nous courons aux plaisirs.
Mais les plaisirs brûlés reste une cendre immonde,
Qui nous fait voir la mort venue pour nous saisir.
1.44

Il nous faut tant d'argent il en faut toujours plus,
Pour payer des plaisirs qui aussitôt connus
Nous laissent à cette faim qui grandit toujours plus.
Avec elle le malheur commencé continue.

1.45

Frustration de celui qui n'a pas tout l'argent
Nécessaire à sa faim, mais celui là au moins,
Se dira: « Le malheur c'est le manque d'argent »
Mais celui qui a tout de quoi a-t-il besoin?

1.46

La boite de Pandore devrait rester fermée.
En Vérité je dis que l'assouvissement
Sur nos âmes viendra aux désirs sublimés.
La peine cessera et l'asservissement.

1.47

Tout l'univers n'est fait que de l'essence de tout,
Des choses petites comme des choses grandes
Et l'éclat blanc de sa Lumière est partout,
A cette évidence il faut bien que je me rende.

1.48

Le passé disparu, le futur à venir,
Il ne nous reste plus que cet instant présent
Et le besoin de lui, pour lui appartenir
Afin de recevoir un bonheur suffisant.

1.49

L'espace est plein de lui et le temps mêmement,
N'est fait que de l'instant, de sa paix lumineuse.
Le temps n'existe pas, croyez-moi on vous ment,
Vous berçant d'illusion, erreur vertigineuse.

1.50

En nous est une paix lumineuse et parfaite,
Comme une sphère d'or sur laquelle est posé
Le voile enténébré d'amours insatisfaites.
Notre âme, alors, ne peut jamais s'y reposer.

1.51

Se mélangent, en nos cœurs, le passé, le futur,
Les doutes que l'on a et les craintes aussi.
Nous subissons, alors, la grande dictature
Du faux-égo, en nous, de sa suprématie.

1.52

Tandis que nous pleurons des larmes d'amertume,
En regardant ce que nous sommes devenus,
N'espérant plus, alors, que des bonheurs posthumes,
Nous oublions pourquoi nous sommes ici venus.

1.53

Tant de peine en surplus, tant de larmes versées,
Comme un enfant qui pleure sans bien savoir pourquoi,
Malgré tout ce bonheur, par la vie dispensée,
Et ce Seigneur aimant qui, en nous, se tient coi.

1.54

Mais qu'importe le temps, seul compte le présent.
S'il faut recommencer à se tourner vers lui,
Comme le nouveau-né, comme l'agonisant,
Alors recommençons à nous tourner vers lui !




...

Chapitre deux: la pleine Conscience


Ici commence le yogasûtra de la voie en vers. 15 quatrains qui correspondent au livre premier de patanjali.






2.1

Voici l'enseignement de la vraie liberté,
Qui est l'inattention aux variations mentales
Et l'établissement dans la Paix, apportée
Par la conscience de l'être fondamental.

2.2

Sans cette liberté l'être s'identifie
Au mental changeant, par cinq sortes de causes.
Certaines lui font mal, d'autres le gratifient.
Certaines le rendent fort, d'autres l'indisposent.

2.3

Ces cinq causes sont, ce par quoi vous trouvez
La vraie Connaissance, la contemplation sans
Césure, ainsi que tout ce que vous archivez,
Que vous ne savez pas et que vous ressentez.

2.4

Directe perception, ou encore témoignage,
Ainsi que déduction sont les moyens de la
Connaissance qui vient à celui qui voyage,
Dans cette incarnation, après et au delà.

2.5

L'illusion, la Màyà vient d'une perception
De la réalité faussée par ce grand voile
Recouvrant le regard, ainsi que l'attention,
De l'âme que trahit un mal triomphal.

2.6

Les concepts sont le produit de l'ignorance
Qui se croit vérité et ne doute jamais.
La Connaissance vient par une référence
Trouvée en contemplant le Saint-Nom affirmé.

2.7

L'expérience vécue vous laisse dans l'esprit
Son empreinte qui est toute votre mémoire.
Observer l'Agya, ce qui vous est prescrit,
Vient, de l'âme, calmer la peine et l'inespoir.

2.8

Votre Observance doit, et c'est fondamental,
Être assidue et puis perdurer dans le temps.
L'enthousiasme permet de donner au mental,
La force de trouver ce qui lui manque tant.

2.9

Grâce au détachement vous ne désirez plus
Ce que vous connaissez, ce que l'on vous a dit
Qui existait, alors vous jetez le surplus.
De la paix vous revient la conscience agrandie.

2.10

La contemplation du vrai soi donne le vrai
Détachement, ainsi que différents niveaux
De conscience, c'est comme si le ciel s'ouvrait
Pour celui qui, ainsi, est devenu dévot.

2.11

Viennent en vous selon que vous êtes plus ou moins
Attentif au Saint-Nom, selon votre attitude,
Votre soif de Lui et puis votre besoin.

2.12

Au degré le plus haut de la méditation,
Quand, du mental, vous avez pris le contrôle,
Il reste un résidu, au fond, des impressions
Comme si on regardait par dessus votre épaule.

2.13

Fusionner avec la nature originelle
Donne à votre regard la clarté du cristal
Pour voir que dans l'instant se cache l'éternel,
Dans l'animal ainsi que dans le végétal.

2.14

L'extase vient, après la foi et le courage,
Pour que le pratiquant revoit la Vérité
Alors, pour celui là, disparaît le mirage.
L'atteignent ceux qui ont soif de liberté.

2.15

Selon l'intensité mise dans l'Observance
Vous irez plus ou moins rapidement au cœur
Du Royaume intérieur, endroit de Sa présence
Où son Amour vous prend, où vous quitte la peur.





Chapitre deux: mal et remède

37 quatrains qui font la suite et clôturent le livre premier de Patanjali et qui traitent du mal et de ses remèdes selon la voie.


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2.16

Seulement l'abandon en Dieu mène au Royaume,
L'abandon à ce Dieu si différent de nous
Plus grand que le soleil, plus petit que l'atome
En lui et par lui tout se noue, se dénoue.

2.17

Dieu est la suprême Connaissance, il n'y a
Rien au delà qui soit égal ou supérieur.
Il est le Guru que personne n'initia
Tout ce qui vécu et vit lui est ultérieur.

2.18

Hors du temps il est le maître des premiers maîtres,
Son Nom est le premier et le son primordial.
Méditer sur Lui c'est sans cesse renaître,
partir puis revenir à l'état initial.

2.19

La conscience venue les obstacles tombent.
Ils étaient maladie, de remettre à demain,
D'inertie du mental, de peur de la tombe,
Qu'il n'y ait jamais plus jamais de lendemain.

2.20

La négligence aussi est une des briques,
L'indiscipline et puis les retours en arrière.
Doutes et fatigue sont encore d'autres briques,
De ce mur puissant, illusoire barrière.

2.21

Il reste à dire encore que l'imagination
Et les changements de l'esprit sont là pour vous
Gêner, faire cesser dans cette incarnation
L'Observance et rater le prochain rendez-vous.

2.22

Ces fluctuations font s'installer en votre âme
Chagrin et désespoir, agitation, oubli
Du souffle et puis retour aux ténèbres infâmes
Qui reviennent toujours la conscience abolie.

2.23

Observer l'Agya vous protège de ces choses
Et pour rester en paix vous pouvez fréquenter
Des gens heureux et pour les personnes moroses
Être compatissant, sans vous laisser hanter.

2.24

Ayez de la gaîté, fréquentant les vertueux.
Mais vis-à-vis de ceux là, qui agissent mal,
Ne les fréquentez pas, sans être prétentieux.
Voilà, pour votre bien, ce qui serait normal.

2.25

Méditer ainsi, sur votre souffle toujours,
Dans l'action, tout au long des jours, vous aidera
A rester dans la paix durant votre séjour.
En Conscience de Lui cela vous gardera.

2.26

Vous pouvez aussi bien méditer sur la paix.
Libérez-vous enfin des passions et désirs
Et lâchez ce à quoi vous étiez agrippé.
La liberté sera votre plus grand plaisir.

2.27

Mais vous pouvez aussi chercher la connaissance
Dans les chimères, les rêves et puis faire comme
Bon vous semble, Dieu vous donna à la naissance
Le libre-arbitre, c'est ainsi pour tous les hommes.

2.28

Quand vient la maîtrise de la contemplation
La Conscience connaît intimement l'essence.
De l'infime au plus grand, toute la création
Vient de Lui, que l'on voit en retournant les sens.

2.29

Comme le cristal prend la couleur des objets
Que l'on met près de lui, le méditant libre
des choses du mental, se retrouve plongé
Dans la conscience du parfait équilibre.

2.30

À ce stade le sens, l’objet et le savoir
Fusionnent devenant l'unique Connaissance,
Qui ne s'apprend pas mais que l'on peut recevoir
En s'oubliant un peu au profit de l'essence.

2.31

Quand vous n'écoutez plus votre mental penser,
Et que vous oubliez jusqu'à vos souvenirs,
la Paix du dedans vient pour vous récompenser.
Vous laisser dans l'instant, insoucieux d'avenir.

2.32

Il y a deux autres stades de conscience
Qui suivent cet état de la méditation,
Que ce soit avec ou sans les variances
Mentales, l'illusion, l'identification.

2.33

Vous êtes alors sorti de cet espace-temps
Où vous étiez depuis avant de méditer.
Alors vous retrouvez le seul temps de l'instant,
la conscience de L'Un et puis la Vérité.

2.34

Ces états méditants, décrits jusqu'ici sont
Dits ''avec graines'' car ils vous sont venus
Comme fruits des actes, de toutes les leçons
Qui ont fait celui que vous êtes devenu.

2.35

La Conscience de la béatitude sans
Pensées, ni distinctions, acquise apparaît la
Lumière de L'Être suprême tout puissant
Qui règne ici-bas, partout et au delà.

2.36

En ce stade installé, la Connaissance vient
Du bonheur contenu au centre et dans le ciel.
Sa source n'est pas dans ce dont on se souvient
Mais dans La Lumière venue de l'essentiel.

2.37

Cette Connaissance balaie les résidus
De l'esprit, alors quand s'installe en vous l'extase,
Elle vous fait retrouver le paradis perdu.
La seule cause de ce bonheur est l'extase.





Chapitre trois: la pratique


Ces 21 quatrains sont la première partie du livre deux de Patanjali. Cette partie traite de la pratique ou Sadhàna.




3.1

Vraie méditation et dédication à Dieu,
Observance assidue sont le prix à payer
Pour votre liberté, pour enfin dire adieu
A la souffrance et à l'Unité s'éveiller.

3.2

Les raisons de souffrir sont cinq : l'ignorance
L'attachement, le faux-ego, le dégoût pour
La vie et la peur de mourir. L'espérance
ainsi s'en va noyée par les bruits tout autour.

3.3

La nescience* vient du rêve, de ne rien faire,
D'une vie ténue où l'existence s'endort
Et alors vous prenez le monde pour l'enfer,
Un tissu grossier pour de la soie cousue d'or.

*absence de la Connaissance

3.4

L'ignare croit éternel ce qui est éphémère,
Que le pur est impur, esclave du désir.
Il confond tout et croit que la joie est colère,
L'âme le faux-ego, la douleur un plaisir.

3.5

Le faux-ego est le soi d'illusion venu
De la confusion que vous faîtes entre mental
Et conscience ainsi que par l'attachement têtu
Aux concepts, aux plaisirs mis sur un piédestal.

3.6

Le dégoût pour la vie provient de la souffrance
Et la peur de mourir a une égale force
Que vous soyez savant ou pris dans l'ignorance,
Vous tenant à genoux ou en bombant le torse.

3.7

Mais la souffrance peut toujours être évitée
En retrouvant en vous, de la cause première,
la pleine conscience et la luminosité.
La méditation vous fera voir la lumière.

3.8

La source du karma est dans les cinq causes
Rapides ou tardives seront les conséquences
Selon comment votre conscience vous dispose
Et ce que vous aurez fait de votre existence.

3.9

Tant que la racine du karma existe
Les fruits de vos actes seront bons ou mauvais
La joie, le plaisir, la douleur coexistent
Selon que vos actes seront bons ou mauvais

3.10

La juste-vue donne, a celui qui la possède,
La certitude que la Màyà, l'apparence,
Comme la masse des résidus qui obsèdent
L'esprit tourmenté, sont la source des souffrances.

3.11

La souffrance à venir peut toujours s'éviter
La cause première et vous voilà invité
A profiter enfin de la Grâce donnée.

3.12

Le monde est le terrain de jeu des trois essences,
Elles sont au cœur de tout ce qui se décompose.
Les éléments de la création et les sens,
De la Libération, peuvent être la cause.

3.13

A différents niveaux ces trois essences opèrent
Grossier, subtil, causal et non manifesté,
Afin qu'un jour l'enfant puisse retrouver son père
C'est le but de sa vie, sa raison d'exister.

3.14

Le vrai soi, bien que pur, voit par les impressions
Du mental, mais c'est pour l'âme que vous voyez.
Votre venue ici a cette vocation:
Donner claire vision au regard dévoyé.

3.15

Avec la juste-vue, avec la liberté,
Illusion, dualité ne peuvent plus vivre,
Bien qu'elles existent encore pour l'esprit entêté,
Qui cherche encore dans les pages des livres.

3.16

Pourtant la dualité est utile au propos
Ultime de l'âme: réaliser sa vraie
Nature, réussissant à trouver le repos,
Celui du Royaume, de l'âme délivrée.

3.17

Cette expérience de l'utile dualité
Est l'ignorance, la nescience que l'on croit
Être du monde la seule réalité
C'est là une Grâce et c'est aussi notre croix.

3.18

L'ignorance partie, attaches et illusion
N'existent plus alors vous vient la liberté.
Quand vous avez de la Lumière la vision,
Vous connaissez enfin la paix de l'Unité.

3.19

L'ignorance est vaincue par la claire vision
Et la Conscience atteint l'éveil en sept étapes
Par elle vous sortez de votre confusion,
Ce huitième niveau s'atteint en sept étapes.

3.20

Vous fusionnez alors dans la béatitude
Ces étapes sont le respect de ses devoirs
Vis à vis de soi et des autres, l'attitude
juste au regard de la morale et du pouvoir.

3.21

Ces étapes, au nombre de sept, sont aussi
L'autodiscipline et, dans la méditation,
S'asseoir de façon à se tenir sans soucis.
Garder son attention sur la respiration.